Section de câble pour une longue distance
Passé une vingtaine de mètres, le câble qui supporte le courant n'est plus celui dont le récepteur a besoin. Comment la chute de tension fixe la section.
Calculer: Section de câble
Section, pas diamètre
Petite mise au point de vocabulaire, parce que la moitié des recherches parlent de « diamètre du fil » : la norme et les catalogues raisonnent en section, en mm², c’est-à-dire l’aire du conducteur, pas la largeur du câble ni son diamètre extérieur avec la gaine. Un 2,5 mm² n’a pas « 2,5 mm de diamètre ». Toutes les valeurs de cette page, et celles du calculateur, sont des sections.
Deux questions différentes
Dimensionner un conducteur répond à deux questions qu’on confond volontiers. Le câble tient-il le courant ? c’est le courant admissible : échauffement, isolant, mode de pose, groupement dans la même gaine. Le récepteur reçoit-il encore assez de volts ? c’est la chute de tension, et elle dépend d’une chose dont le courant admissible se moque : la longueur.
Sur un circuit de prises de huit mètres, la première question gagne. Tirez 30 m jusqu’au garage, à l’atelier ou à la borne de recharge et cela s’inverse : le câble qui passe 20 A sans chauffer laisse l’autre bout en manque de tension.
3 % font 6,9 V
La NF C 15-100 limite la chute de tension entre l’origine de l’installation et tout point d’utilisation à 3 % pour l’éclairage et 5 % pour les autres usages, lorsque l’installation est alimentée par le réseau public BT (6 % et 8 % avec un poste privé HTA/BT). Contrairement aux recommandations d’autres pays, c’est ici une exigence de la norme.
En volts : 3 % de 230 V, c’est 6,9 V pour l’aller et le retour réunis. Et le triphasé 400 V change la donne sur les longues liaisons, parce que le courant est plus faible et que le coefficient vaut √3 au lieu de 2.
Le cas, traité
20 A au bout d’une liaison cuivre de 30 m en 230 V monophasé demandent 4 mm² pour rester sous 3 % : la chute vaut alors 5,2 V, soit 2,2 %. En 2,5 mm², on monterait à environ 8,3 V, c’est-à-dire 3,6 % — au-delà de la limite, alors que la section passe le courant sans difficulté.
Deux réflexes : longueur doublée, chute doublée ; courant divisé par deux, chute divisée par deux.
Ce que le calcul ne vérifie pas
Il dimensionne sur la chute de tension et s’arrête là. Il ignore le mode de pose, la température ambiante, le nombre de circuits groupés et la température admissible aux bornes — or ce sont eux qui fixent le courant admissible. Augmenter la section pour la distance n’autorise pas non plus un disjoncteur plus gros : la protection suit toujours le plus petit conducteur du circuit.
Calculez la chute, vérifiez le courant admissible pour la pose réelle, retenez la plus grande des deux sections.
Dernière vérification: 13 septembre 2026